A Paris, depuis deux mois, des centaines de milliers de personnes manifestent contre la loi travail avec une habileté croissante à tenir la rue. Le récit officiel qui voudrait réduire ce qui se passe à un simple épisode de « mouvement social » pour le retrait d’un projet de loi avec ses rôles obligatoires (les différents corporatismes en lutte, les « jeunes » étudiants et lycéens, les casseurs décérébrés surgis de nul part) apparaît en complet décalage avec la réalité des cortèges en tête de manif : de plus en plus massifs, hétérogènes et déterminés.

On voit que le « mouvement » actuel trouve ses propres forces en débordant les cadres habituels du ronron contestataire. Après 10 ans de léthargie, il pourrait se dessiner enfin la perspective d’un soulèvement en France et la possibilité politique de nous réapproprier nos conditions d’existence.

Le 12 mai, un pas supplémentaire a été franchi avec l’occupation d’un lieu pour le mouvement à l’école des Beaux-Arts. Une base pour ancrer le rapport de forces et développer les liens esquissées entre les multiples forces du mouvement.

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